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Réapprendre à vivre après la crise

par The Storytellers MTL

Frontières fermées, quarantaines imposées, panique pour du papier de toilette, la crise du coronavirus frappe la population mondiale à un niveau que nous n’aurions jamais pu imaginer il y a quelques mois. Si comme nous, tu es né dans les années 90, tu te souviens probablement des dernières crises comme le H1N1, le SRAS, la grippe aviaire, la grippe porcine, mais jamais, aucun de ces événements n’a autant causé de perturbations dans le milieu du voyage, de la culture, de la gastronomie, de l’entrepreneuriat et de l’économie. Avec tout ce qui se passe actuellement, on voulait se pencher sur tous les changements qui pourraient découler de cette situation lorsque tout rentrera dans l’ordre.

 

Voyager différemment, publiciser intelligemment

Le changement le plus évident est bien entendu au niveau du tourisme. On ne se le cachera pas, au début de la crise, on n’avait pas vraiment d’inquiétudes. On se disait que tout allait passer rapidement et retrouver son cours normal. On pensait que notre voyage pour célébrer notre anniversaire de mariage en Argentine en mai allait encore avoir lieu et qu’on allait pouvoir siroter un bon p’tit verre de vin dans les vignobles de Mendoza. Rendu à la fin février, évidemment cette vision de notre prochain voyage n’était plus aussi radieuse. En voyant la prolifération s’accélérer à une vitesse alarmante à travers l’Asie et l’Europe, puis faire son entrée sur le reste des autres continents, on a commencé à douter de la réalisation de ce voyage. 

Maintenant un mois plus tard, avec plusieurs pays en lockdown et un Québec restreint dans l’ensemble de ses activités dans le but d’aplanir la courbe (ralentir la propagation du virus et ainsi, ne pas surcharger le système de santé), on a présentement fait une croix sur ce voyage. Est-ce qu’on est déçus de ne pas voyager comme à chaque année durant le mois de mai et célébrer nos 5 ans de couple et notre anniversaire de mariage à l’étranger? Oui, certainement, mais ce n’est que partie remise et la sécurité de ceux qu’on aime est plus importante que tout en ce moment. Est-ce que si la situation se résorbe au courant du mois de mai on partirait sans hésitation? On est loin d’être certains pour le moment. Chose sûre, notre prochain voyage sera clairement différent. Cette pandémie nous aura fait réfléchir beaucoup à notre impact sur la Terre avec nos voyages, mais surtout à la façon dont nous pouvons changer les choses. 

Lorsque la situation sera rétablie, comme nos emplois respectifs sont propices au télétravail, on compte opter pour des destinations plus adéquates au slow travel (donc avec un coût de la vie plus bas qu’au Québec, des appartements abordables et une connexion internet fiable et rapide), continuer à supporter les commerçants locaux du pays et tenter de réduire notre impact environnemental par la même occasion. On avait déjà commencé à le faire en novembre dernier lors de notre périple à Budapest, mais ce sera clairement notre objectif #1 lorsque les frontières internationales seront ouvertes à nouveau suite à la crise. Évidemment, on mettra aussi plus d’emphase sur notre contenu local pour te faire découvrir les p’tits bijoux des 4 coins du Québec et du Canada, réduire notre empreinte environnementale et supporter davantage l’économie locale. 

 

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Crédit photo: The Storytellers MTL

 

Un sentiment d’unité, des décisions politiques plus engagées

La fermeture des frontières est probablement la mesure qui nous a le plus secoués parce qu’on réalisait que la situation était vraiment alarmante si certaines de nos libertés personnelles devaient être restreintes et surtout que le gouvernement peut vraiment faire une différence lorsqu’une situation concerne la santé globale. Ce qui nous amène à nous dire que les gouvernements pourraient tout autant travailler ensemble pour réduire les effets de la crise climatique dans les prochains mois. 

Inconsciemment, c’est ce qu’ils ont fait en ralentissant tous les secteurs économiques en commençant par les industries les plus polluantes comme celles du tourisme et de la mode. Avec toutes les usines et les fabricants dont la production dépend de la Chine, cela limite les transports en cargo et en avion, mais surtout cela pousse les gens à moins dépenser pour du superflu. L’état d’urgence sanitaire n’incite pas non plus à magasiner ou à aller essayer des vêtements dans les boutiques non plus.

En limitant d’abord les vols internationaux pour le travail et en mettant l’état de quarantaine obligatoire à tous les voyageurs, la majorité des gens ont annulé leurs plans pour aider à la cause parce que même si ça ne nous touche pas personnellement, on connait tous une personne âgée, une personne avec des troubles respiratoires, des maladies chroniques ou des jeunes enfants qui pourraient être affectés par notre décision de continuer à voyager. Déjà, on peut voir de l’espace que l’impact des dernières semaines a réduit énormément la pollution en Chine, alors que normalement plus d’un million de Chinois perdent la vie à cause de celle-ci. Ironiquement, la COVID-19 a ralenti le compte de mortalité en nous imposant de changer nos habitudes pour un moment. 

À travers toute cette tension tragique due au coronavirus, s’il y a un aspect positif, c’est de voir l’esprit de collaboration et de communauté qui rejoint tous les humains en ce moment et tout ce qu’on peut accomplir ensemble quand on s’unit pour le bien collectif. Oui, l’état de crise fait ressortir le plus laid de l’humain (les rages dans les files du Costco), mais aussi le plus beau dans notre gentillesse et notre débrouillardise (des mesures gouvernementales et financières pour aider les PME locales, des dons et l’entraide à travers les communautés locales). 

On a également pu voir l’ingéniosité et la résilience des commerçants locaux face à la crise. Le meilleur exemple étant la vague de restaurants (on pense à toi Pastaga!) qui se sont réinventés en changeant leur menu afin d’offrir des options pour emporter tout en fermant complètement leur salle à manger. Ces efforts et cette débrouillardise sont vraiment ce qui va leur permettre, espérons-le, de continuer de nous offrir leur cuisine qu’on adore tant et de pouvoir traverser cette crise sans devoir mettre la clé dans la porte une fois la situation rétablie. 

On se demande toutefois si cet état collaboratif perdura une fois que l’épidémie sera résorbée ou terminée. Est-ce qu’on réagit seulement quand on est au bord du précipice ou est-ce qu’on aura eu assez «peur de la fin du monde» pour continuer à faire attention à notre consommation lorsque la situation reviendra à «la normale»? Est-ce que les gens feront des choix plus conscients en termes de voyage, de consommation et de mode de vie ou est-ce qu’ils auront eu tellement peur de ne plus pouvoir voyager qu’ils se mettront à parcourir le monde encore plus souvent et rapidement? Est-ce que ceux dont les vacances ont été annulées penseront davantage à des endroits locaux ou slow travel ou est-ce qu’ils voudront explorer la destination internationale de leur rêve le plus rapidement possible? Est-ce qu’on verra le phénomène du tourisme de masse ralentir par crainte d’attraper des maladies inconnues ou est-ce que cela accentuera l’urgence de vivre? 

 

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Crédit photo: The Storytellers MTL

 

Pause forcée, cadeau ou fardeau?

Au niveau du travail, ce ralentissement forcé divise 2 camps: ceux qui rêvaient d’une pause depuis (trop) longtemps et ceux qui ne comprennent pas encore comment ils arriveront à survivre en restant «enfermés» chez eux durant les 10 prochains jours. Pourquoi ne pas le voir comme un cadeau de l’univers au risque de sonner trop ésotérique? On dit tous qu’on manque de temps, tout le temps. On dit tous qu’on voudrait prendre plus de temps pour soi. Qu’on voudrait arrêter le temps parfois. Le coronavirus, c’est comme notre reset button, l’occasion de recommencer à neuf. De mettre la frénésie quotidienne sur pause, de respecter notre rythme, notre corps et notre santé, tant mentale que physique. D’arrêter de dépenser trop d’énergie sur des fausses urgences ou des obligations qui ne font pas de sens. D’arrêter d’être constamment dans la surperformance et la pression constante. 

Utilisons les prochains jours comme une période d’essai pour le rythme de vie qu’on a toujours voulu avoir. Un peu plus lent, mais beaucoup plus sain et réfléchi. Arrêtons de vivre sur l’autopilote en laissant l’argent et le travail guider toutes nos décisions. Parce que la situation actuelle nous montre que l’argent n’est pas toujours ce qui doit faire rouler le monde, la situation actuelle nous montre qu’on est tous capables de ralentir, qu’on soit un individu, une entreprise, un gouvernement ou une nation.

Il y a tellement de meetings qui pourraient être un courriel, de temps au bureau qui pourrait être fait de la maison pour désengorger le trafic (et réduire la pollution) et nous permettre d’être plus souvent avec ceux qu’on aime. De travailler pour vivre et non vivre pour travailler. Qu’il y a moyen d’avoir plus de flexibilité dans notre mode de vie et que nos horaires de fous ne font que nous brûler pour ensuite nous «récompenser» en dépensant trop pour compenser le peu de temps qu’il nous reste à en profiter avant de recommencer le cycle. Que la décroissance est peut-être une solution valable?

De notre côté, on travaille tous les deux déjà très souvent de la maison et on prévoyait déjà un gros changement ce printemps, en devenant officiellement une entreprise créative au surplus de notre blogue! Ça prendra peut-être un peu plus de temps que prévu, mais au final, ce n’est pas si dramatique que ça. On va prendre le temps de faire les choses comme il faut et de suivre un rythme plus réfléchi, moins effréné. Si ça t’intéresse, reste à l’affût de nos prochains articles, on t’en reparlera bientôt! 

Et toi, comment la crise actuelle affecte tes décisions et ta vision?

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